Pourquoi certaines autoroutes sont gratuites ?

La plupart des autoroutes en France sont payantes. Cependant, il existe encore certaines autoroutes, ou sections d’autoroutes, gratuites.

Autoroutes concédées et non concédées

Il faut tout d’abord savoir qu’il existe deux types d’autoroutes en France :

  • les autoroutes concédées, c’est-à-dire que l’Etat, qui en est propriétaire, en a confié la gestion, l’exploitation et la maintenance à des sociétés concessionnaires d’autoroutes (par exemple la SANEF, VINCI autoroutes, APRR, etc.) en contrepartie de la perception d’un droit d’utilisation payé par les usagers de ces réseaux : les fameux péages. L’Etat s’assure du respect par le concessionnaire de ses obligations ;
  • les autoroutes non concédées, très minoritaires (25 % du réseau autoroutier français), qui appartiennent à l’Etat et sont gérées directement par lui. Aucun péage n’est requis pour les emprunter, elles sont gratuites.

C’est donc uniquement en empruntant des autoroutes non concédées que vous serez exemptés de la case péage.

Le cas particulier de la Bretagne

Si vous avez déjà eu la chance de passer quelques jours de vacances en Bretagne, ou que vous y habitez, vous avez sûrement été surpris de ne pas avoir à débourser le moindre centime pour emprunter les routes bretonnes. Ce cas est particulier car, petite subtilité, il n’y a pas d’autoroutes en Bretagne mais uniquement des voies express. Ces dernières sont par définition gratuites mais la vitesse y est limitée à 110 km/h.

Les Bretons doivent ce traitement particulier au Plan routier breton approuvé par le général de Gaulle en 1969. Il visait à désenclaver la Bretagne, pénalisée dans l’espace français et européen par sa situation excentrée. il ne s’agit donc pas, comme une légende le laisse entendre, d’un accord issu entre la duchesse Anne de Bretagne et le roi de France de l’époque Charles VIII. Aux termes de cet accord, elle aurait accepté de l’épouser, et donc d’apporter la Bretagne au reste du territoire, en échange de la liberté pour les bretons de circuler gratuitement.

L’info en plus : la France est le pays le plus cher d’Europe pour les tarifs autoroutiers avec un prix moyen de 7 euros pour 100 kilomètres. Dans de nombreux rapports, la Cour des Comptes pointe du doigt la trop grande générosité de l’Etat envers les sociétés concessionnaires d’autoroutes. Elle souligne ainsi que les contrats de concession sont notamment trop longs. Il est ainsi prévu que ces contrats prennent fin entre 2030 et 2036 alors que ces sociétés auront atteint la rentabilité aux alentours de 2022. Du point de vue de ces sociétés, c’est elles qui supportent le coût des travaux d’infrastructure et elles rappellent qu’elles devront in fine restituer les infrastructures à l’État concédant.

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